Jeudi noir pour l’enseignement au Sénégal : marche sur Dakar des syndicats d’enseignants du Moyen-secondaire et universitaire

Publié le par UNAPEES

Jeudi noir pour l’enseignement au Sénégal : marche sur Dakar des syndicats d’enseignants du Moyen-secondaire et universitaire

Le Grand cadre des syndicats de l’enseignement (GCSE) a adressé une lettre ouverte au président de la République pour déplorer le faible niveau d’exécution des engagements pris par l’Etat.

Dans une lettre ouverte adressée au président de la République, Macky Sall, le GCSE revient sur 7 points pour alerter le chef de l’Etat sur le faible niveau d’exécution des engagements pris par l’Etat au terme du protocole d’accords :

  1. la validation aux 2/3 avec rappel des années de volontariat, de vacation et de contractualisation,
  2. les lenteurs dans la délivrance des actes de la fonction publique,
  3. la formation diplômante et le régime indemnitaire.
  4. la surimposition des reclassés de 2006
  5. les Commissions administratives paritaires qui ne sont pas réunies depuis 2013
  6. le Régime indemnitaire
  7. Gestion démocratique des personnels enseignants.

Les camarades de Mamadou Lamine Dianté ont souligné qu’aucun des 513 enseignants ayant reçu leurs actes de validation n’a pu bénéficier de l’alignement indiciaire à la fin du mois de janvier 2016. Pour ce qui est de la délivrance des actes, de la mise en solde et du paiement des rappels, le Gcse indique que « la direction de la solde n’a payé que 9 rappels en fin septembre et 26 en fin octobre, sur plus de 20.000 enseignants concernés ».

Dans la foulée, le regroupement des syndicats d’enseignants a relevé que « sur 21 678 IA (instituteurs adjoints), le ministère de l’Education nationale n’est en train de former que 3 515, sur une durée probable de 2 ans ».

Quid du régime indemnitaire, le pré-rapport, ont-ils fait savoir, « a été rejeté en bloc par les travailleurs. Ce n’est donc pas cette étude qui va régler le problème. Notre conviction est que, tant que la question de l’indemnité de logement des enseignants n’est pas réglée, nul ne saurait espérer une paix durable dans le système éducatif ».

Revenant sur la Gestion démocratique des personnels enseignants, le GCSE a déploré la « logique de vassalisation des inspecteurs d’académie, aujourd’hui réduits à secourir un ministre plutôt qu’à servir le système éducatif ». Ainsi, ils ont fait savoir que « le Mouvement national de 2015 a été organisé dans des conditions catastrophiques, dans le seul but de décourager les plénipotentiaires des syndicats ».

« Le ministre active quelques thuriféraires d’inspecteurs d’académie pour faire la sale besogne : réaffecter à très grande échelle des enseignants au mois de janvier, en violation du principe de la gestion démocratique », renseigne la lettre ouverte.

Face à ce qu’il appelle de l’insouciance totale de la part du gouvernement, le GCSE a décidé «d’enfourcher à nouveau le cheval de la lutte, en décidant d’observer un plan d’action, en guise d’avertissement au gouvernement ». Mamadou Lamine Dianté et Cie observeront un débrayage mercredi 17 février 2016 à 9h, suivi d’une assemblée générale. En plus de la rétention immédiate des notes, ils ont prévu de faire un arrêt des cours total le jeudi 18 février, ainsi qu’une grande marche (départ FASTEF) à partir de 09h00.

Dans la foulée, le GSCE exige l’audit de la gestion des projets éducatifs du ministère de l’Education nationale (PAMOD, PALME, PAQUET, etc.) ».

L’UNAPEES constate qu’une fois de plus, les élèves sont pris entre « le marteau et l’enclume » ! D’un côté un gouvernement qui ne peut ou ne veut tenir ses promesses, de l’autre des syndicats qui prennent en otage des enfants qui ne demandent qu’à étudier ! Et c’est très facile puisque les élèves eux, n’ont aucun moyen de pression, ni contre le gouvernement, et encore moins contre les enseignants ! (bien que l'état devrait se rappeler que derrière chaque élève, il y a des parents et donc des électeurs…)

Mais chacun doit mesurer les conséquences d’une grève dans le monde de l’éducation pour le pays ! Il ne suffit pas de proclamer que nos enfants sont l’avenir du pays, il faut aussi leurs donner les moyens d’étudier ! Les décideurs, d’un côté comme de l’autre, ont-ils mesuré les effets d’une année scolaire en « dents de scie » ?

  • Dans des écoles sous-équipées, aux effectifs pléthoriques, où les quotas horaires ne peuvent pas être respectés et où les plus « faibles » ont des difficultés à suivre, imaginez les séquelles de grèves à répétitions :
    • Le redoublement pour les plus faibles, suivi de la spirale de l’échec
    • Même le niveau des meilleurs va baisser, et au lieu d’une mention offrant une bonne bourse ou l’accès à de grandes écoles, ils devront se contenter de ce qui reste…
    • La rétention de notes risque aussi de retarder , voire d’empêcher la participation ou l’inscription de certains élèves à des concours qui demandent les bulletins du 1er semestre…
    • Et n’oublions pas ceux des campagnes, qui ont commencé l’école tardivement et pour qui un redoublement peut signifier le dépassement d’âge pour certains concours…

Et pendant ce temps, les « nantis », eux, envoient leurs enfants dans des écoles privées, ou leurs font prendre des cours particuliers afin que leurs enfants ne prennent pas trop de retard sur le programme (les enseignants en grève ont tout le temps qu’il faut pour les donner…)

Bien évidement, chacun déplorant cet état de fait, mais accusant l’autre !

Bref, une année scolaire entachée de grève, est synonyme de baisse générale du niveau ! Au détriment de nos enfants et donc de l’avenir de notre pays !

A.F.B.

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Retrouvez l'intégralité de la lettre ouverte du GCSE en cliquant sur le lien ci-dessous :

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